Compte-rendu Interlac Trail 2015

Compte-rendu Interlac Trail 2015

Ce week-end, c’était pour moi l’Interlac Trail !

Une course à laquelle je me suis inscrit un peu par hasard, un peu en dernière minute; en tout cas, sans l’avoir planifiée depuis des mois dans un calendrier des courses minutieusement étudié.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je me suis inscrit car sur le papier, l’Interlac Trail est loin des parcours sauvages et techniques que j’affectionne habituellement. Il me semble qu’essentiellement, j’ai senti que j’avais les capacités de boucler les 80 km et que les dates correspondaient à mon calendrier. Bien-sur, la proximité de la course était aussi un facteur important…

Il n’en a pas fallut plus pour me tenter.

Les arguments qui ont fini de me convaincre étaient le profil roulant (beaucoup de passages sur route ou chemins forestiers) et la relativement faible dénivelée (4000+) qui rendaient cet ultra accessible malgré mon manque certain de préparation cette année.

J’avais surtout l’envie de refaire du « long » (tout est relatif) et de retrouver les sensations qu’on a sur ce type de course, tout en me testant sur cette distance. J’étais loin d’être bien préparé, notamment du fait que cette année, je n’avais simplement couru qu’un seul trail – le Trail de Chamrousse – soit 28km !

Voici mon compte rendu.

Le départ

C’est Marc qui m’a emmené au départ de la course auprès une courte et chaude nuit (29 degrés dans l’appart).

Nous sommes moins de 300 coureurs au départ (268 sur le 80km + les relais), et l’ambiance est simple et chaleureuse. Le brief de départ est donné dans cette ambiance conviviale, presque intime, qui se maintiendra d’ailleurs tout au long de la course. Le coup de feu de départ retentis à 5h00 tapante, et même si j’en oublie d’allumer ma Suunto, je pars serein avec pour moi l’expérience des courses passées.

Quelques lacets sur route pour nous chauffer (et réaliser que les piles de ma frontale sont mortes) et les premières lueurs du jour font leur apparition, en même temps que les premiers chemins. C’est partie pour la première ascension en crête qui nous offre déjà de beaux panoramas sur le lac d’Annecy (c’est d’ailleurs le seul moment de la course où nous le verrons) pour ceux qui prennent le temps de s’écarter un peu du chemin.

Nous avançons en file indienne pour la montée et la descente de ce premier sommet, mais cela me permettra de garder un rythme raisonnable, et de ne pas me faire emporter par mon enthousiasme !

Je croise d’ailleurs certains coureurs qui n’ont pas cette patience, et qui me dépassent joyeusement dans cette montée au prix d’efforts bien mal considérés, pour reprendre la file quelques places devant… Je rigole intérieurement car je sais que ces efforts se payent cher en fin de course.

Cette première bosse de 1000m de dénivelée positive passera très vite, comme chaque début de course.

Le Semnoz

Nous traversons par la route un petit vallon pour rejoindre le Semnoz, où je croise Marc qui m’encourage plein d’enthousiasme.

La remontée est progressive, plutôt ombragée, et se passe facilement – on est tous encore frais ! Je marche tranquillement dans les montées et je me sens bien. Globalement, je marche plus vite que mes compères de course, et je prends ainsi régulièrement des places sans forcer. C’est une surprise pour moi, mais c’est bon pour le moral !

Après cette montée qui passe rapidement, j’arrive au magnifique ravito du Semnoz.

Je suis alors 115ème, en 3h40.

La vue à 360 degrés est superbe, et il ne fait pas encore trop chaud. Je me sens bien, et je suis dans un plutôt bon rythme. Ceci étant dit, même si nous avons achevé la moitié du dénivelé positif, nous sommes à seulement 20km sur 82km au total…

Je prends le temps de bien manger (sandwich jambon – fromage !) et je reprends la course.

Pont de l’Abîme

La descente du Semnoz n’est pas trop technique, sans non plus être très roulante – elle est longue mais se passe sans problèmes.

J’appréhendais un peu la descente avec mes Hoka Mafate Speed que je n’avais pas vraiment testées (!), mais les chaussures se comportent vraiment bien.

Encore quelques portions de route en descente où j’apprécie encore un peu plus mes semelles oversize, et j’arrive au Pont de l’Abîme.

Je suis 109ème, en 4h50.

Cette descente m’a un peu marquée, sans doute plus mentalement que physiquement…

Sans être trop marquante pour les cuisses, j’ai surtout trouvé le temps long. Nous en sommes à 5 heures de course et je suis cette fois bien dans le vif du sujet ! Le ravito est sympa et la vue vertigineuse au Pont de l’Abîme me donne de l’énergie, ainsi que Marc que je croise un peu plus haut.

Je fais un grand plein d’eau avant d’attaquer la dernière grosse ascension.

Le Revard

J’attaque donc la dernière grosse montée (+1000) pour grimper sur le Revard.

Le soleil tape fort maintenant et les passages qui ne sont pas ombragés se font durement ressentir. La montée est longue, le rythme plus lent, et les participant plus parsemés. Sur la fin, quelques petites bosses bien cassantes augmentent encore un peu plus la difficulté.

Je passe au refuge de la plate en 97ème, en 7h30.

Malgré la chaleur, on profitera tout de même de quelques portions sur le plateau, bien dégagées, avec de superbes panoramas sur les Bauges, et le Mont Blanc dans le fond.

Après 23km, j’arrive au Revard fatigué.

Je suis 85ème, en 9h00.

Marc me retrouve là-bas, et je vois dans son regard qu’il constate mon état de fatigue !

Je reste motivé par le fait que malgré tout, je suis visiblement en meilleur forme que la plupart mes compagnons d’aventure – j’ai régulièrement pris des places dans les montées, même dans les descentes, et bien que je ne me précipite pas, je m’arrête généralement moins longtemps aux ravitos.

Je vois certains coureurs abandonner ici, abattus par la chaleur. Paradoxalement, cela me motive à continuer.

C’est donc repartie pour la section suivante, une boucle de 12km autour du Revard.

Boucle autour du Revard

La première moitié de la boucle est très roulante avec une alternance de petites descentes qui me permettent de refaire un peu de jus.

Les chaussures sont hyper confortables et me permettent de dérouler tranquillement.

La seconde moitié se fait en montées douces, ponctuées de quelques coups de cul plus costauds sur la fin – La vue au loin sur le sommet du Revard est très motivante, même si je profiterai à peine du point de vue sur le lac du Bourget pour fuir les touristes.

Encore quelques places de prises, et j’arrive à nouveau au Revard pour mon second passage.

Je suis 77ème, en 10h40.

Je retrouve tout le monde au ravito, et les sourire d’Esteban me regonflent le moral.

Je sors complètement de la course pendant quelques minutes et contrairement à ce que je pensais, cela me fait un bien fou. J’ai bien bu, correctement mangé et je me sens clairement plus en forme qu’à mon premier passage. Il ne reste plus que la descente, tout le monde est là et ça commence à sentir bon le finish…

Je sais aussi que la descente va être très longue (20km) et je me prépare à en découdre, je refuse l’idée de terminer la course en marcheur !

J’attaque donc cette descente avec un bon moral et David Bowie vient m’accompagner ! (we can be heros, just for one day !).

Aix-les-bains

La descente est plutôt roulante dans l’ensemble, avec parfois quelques portions caillouteuses.

Elle se déroulera très bien, surtout grâce à la musique qui me change les idées. J’apprécie une nouvelle fois mes chaussures Hoka qui tiennent correctement la cheville, tout en apportant un super amortie – je suis en confiance.

A la sortie des pentes du Revard, j’attaque la traversée vers Aix-les-Bains.

Les bénévoles sont adorables mais c’est un peu dur lorsqu’ils annoncent 5km, alors qu’il en restent en fait 15km… La course au brief était annoncée à 82km, les bénévoles m’annoncent la fin à 85km, je finirai au GPS avec 90km… Dur dur pour le moral mais l’expérience m’a déjà appris à oublier un peu le GPS, et surtout à ne rien lâcher.

Je cours quasiment tout le long de ces grandes lignes droites, alors que la majorité des coureurs que je croise sont passés à la marche. Je remonte ainsi encore quelques places.

Je passe à Mouxy 72 en 12h00.

Enfin, enfin, enfin, j’arrive sur les bords du lac.

C’est un finish un peu en demi-teinte… Seul au milieu des touristes qui me regardent comme si j’étais Alien

Heureusement, j’ai mon fan club à l’arrivée, mes parents m’ont fait la surprise de venir, et je retrouve tout le monde avec beaucoup de plaisir.

Je termine 66 en 13h08 !

En conclusion, je dirais que l’Interlac Trail 2015 était une très belle course, avec de superbes paysages et de magnifiques points de vue sur le lac d’Annecy, le lac du Bourget, et les Bauges avec en toile de fond le Mont Blanc.

Le parcours est très roulant, intègre pas mal de passages sur route ou route forestière, ce qui effectivement rend cet ultra accessible.

Si le parcours n’est pas des plus technique, la chaleur est venue cette année rajouter de la difficulté (34 degrés au max.) ! Le challenge « contre soi-même » s’effectue notamment dans les 20km qui mènent jusqu’à la ligne d’arrivée, où la différence peut vraiment se faire si vous avez du jus pour appuyer.

Je suis satisfait d’avoir bien tenu la distance et la durée (13h00 de course), et constate que malgré presque 3 ans depuis ma dernière course « longue », mon corps a su garder une mémoire de ce type d’effort. A l’arrivée, je retrouve les pieds qui brûlent comme après ma première Saintélyon, mais ça passe rapidement après une délicieuse baignade dans le lac du Bourget !

Un opinel et un reblochon comme cadeau finisher, et retour sur Annecy pour une soirée de repos bien méritée !

Les plus :

  • Une parfaite organisation de course, des ravitos, et balisage omniprésent (bravo).
  • Une très bonne ambiance, très conviviale et une course à dimension humaine.
  • Evidemment un superbe parcours, l’environnement des Bauges est magnifique.

A améliorer ?

  • Le départ de Duingt (se serait plus simple si on partait d’Annecy) et l’absence de navette à partir d’Annecy pour rejoindre le départ.
  • Le finish en demi-teinte, car franchement, à part ma famille et le photographe, personne n’a remarqué que j’étais arrivé ! 🙂

Nombre de partants : 215 dont femmes : 11 (5,12% des partants)
Nombre d’arrivants : 142 (66,05% des partants) dont femmes : 9 (6,34% des arrivants)
Nombre total d’abandons : 73 (33,95% des partants)

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