Compte-rendu Ironman Nice 2017

Compte-rendu Ironman Nice 2017

J’ai perdu mon mojo…

Après avoir atteint mes principaux objectifs trails ces dernières années (UT4M en 2015, mais aussi la TGV en 2016), j’étais entre dans une phase en demi-teinte, en manque d’envie… clairement, j’avais perdu le plaisir et surtout la source de motivation nécessaire pour partir quotidiennement à l’entrainement.

C’est dans ce contexte que l’idée du triathlon est apparue.

J’ai toujours aime le concept du triathlon car il allie 3 sports qui me sont familiers : j’ai toujours aime l’eau et cumule quelques années de natation en club étant ado, le deux-roues a été ma principale activité de 8 à 14 ans et j’ai aussi pratique un peu de VTT loisir, et bien sûr, la course à pied est un sport que j’affectionne particulièrement, d’autant plus depuis la découverte du trail.

Alors, lorsque a été annonce à Annecy la naissance d’un triathlon longue distance (Alpsman) , j’y ai vu un nouvel objectif, un nouveau challenge, ou plutôt, une nouvelle envie… ça a été le déclencheur ! Le fait d’avoir une épreuve longue a proximité m’a vraiment donné l’envie de franchir le pas. J’avais vu le reportage sur le Norseman, et je me disais que l’Alpsman semblait un bel objectif. C’est ainsi qu’en Septembre, j’ai décidé de m’inscrire au club de triathlon des Alligators. En effet, après quelques recherches, il semblait bien mal avisé que de démarrer ce sport sans le soutien d’un club.

Natation : Retour à l’école

Et oui, en Octobre, retour aux séances de natation en piscine !

Ça me rappelle des souvenirs, même si cela fait bien des années que je n’ai pas mis les pieds dans une piscine couverte. Mais finalement, les odeurs de chlore, l’ambiance des vestiaires et les lignes d’eau me sont restées bien familières, et c’est avec une agréable surprise que je me sens à l’aise dans cet environnement.

Humblement, je démarre dans la ligne d’eau débutant, et au bout de 30 secondes, bascule dans celle intermédiaire. Je n’ai pas tout perdu…. Et alors que je n’ai pas nage depuis des mois j’arrive tout de même à tenir ma séance. Il y aura ainsi des hauts et des bas, des séances avortées pour cause de crampes, ou de nausées, mais aussi des séances ou je me sens à l’aise, ou j’en ai sous le coude pour quelques accélérations dans les derniers allers-retours.

Tout ça jusqu’au printemps et des sorties au lac qui viennent donner tout leur sens à ces efforts, nager dans les eaux turquoise du lac, avec le soleil rasant au-dessus des montagnes, c’est vraiment magique.

J’ai tenu le rythme d’environ 1 séance par semaine, ce qui m’a permis de prendre un peu de muscle et retrouver mes automatismes. Je me juge moyen-plus, des mecs sont clairement un niveau au-dessus – c’est parfois impressionnant de les voir nager, mais je suis quand même un peu au-dessus du niveau moyen !

Vélo : La découverte

Au mois d’Aout, j’avais investi dans un vélo Décathlon plutôt pas mal, qui me permettait d’attaquer les choses sérieuses avec un minimum d’assurance. J’avais déjà la caisse, il me manquait les cuisses.

Le vélo a été une belle découverte, avec tout le plaisir de la progression, des ajustements matériels, des sensations qu’on découvre, etc. Cela dit, le vélo a aussi été tout au long de cette année la grande inconnue – pour ne pas dire l’angoisse. Le vélo est clairement l’activité dominante dans le triathlon, un niveau moyen est très pénalisant sur le chronomètre. Alors j’ai démarré pendant l’hiver avec un peu de home-trainer, et puis à partir de Mars/Avril avec des séances routes plus soutenues.

J’ai vraiment pris du plaisir, on voit du paysage, on passe des cols, on descend à bloc. Je suis passe au travers des chutes, des dépassements dangereux et des risques inhérents à la pratique du cyclisme, pour n’en garder que le meilleur. Si là aussi il y a eu des séances dans le froid, des retours en hypo contre le vent de face, il y a bien eu des sorties euphoriques, celle où on a l’impression de voler sur la route, des lignes droites a 45km/h et ou on peut toujours accélérer !

Je n’ai pas fait d’entrainement spécifique, et j’aurai sans doute dû. Lors de mes premières courses, je me rends compte que mon niveau est moyen, plus mauvais que ce que je pensais. C’est dur, et si je continue, il me faudra sans doute adapter un peu mon entrainement. Cela dit, j’ai conscience que je suis parti de zéro, et qu’il faut du temps au corps pour s’adapter.

Course à pied : Conserver les acquis

La course à pied, je connais. Mon entrainement c’est résumé à conserver mes acquis. Plus de qualitatif, et beaucoup moins de quantitatif.

Les sorties trails plus rares, sont redevenues un très grand plaisir, chose que la routine a eu tendance à me faire oublier – je suis d’ailleurs très content dans ce sens. Mais j’ai surtout fait des séances courtes, travail de VMA ou de seuil, bref que du bonheur…

Globalement la priorité était donne au vélo et je courrais quand je ne pouvais pas rouler. J’ai fait très peu de sortie au-delà d’1h30.

Retrouver un objectif : Nice

Au fur et à mesure, les objectifs de la saison se sont dessines. L’Alpsman était très tôt (Juin), et me semblait vraiment déraisonnable car il aurait été mon premier triathlon, et je n’aurai pas été prêt pour le profil vélo vraiment épicé.

Le gros objectif serait donc l’Ironman de Nice, et à mi- saison, l’half de Doussard.

Je me suis inscrit en Janvier. Ça a été assez marrant de retrouver l’excitation d’une inscription anticipée, d’avoir 1 gros objectifs et de s’y préparer pendant toute la saison. C’était quelque chose que j’avais connu avec mes premières courses (Sainte Lyon par exemple) mais que j’avais également perdu.

C’est un plaisir que d’étudier les profils de courses, lire les compte-rendu des années précédentes, mais il faut bien dire que c’est aussi parfois ressentie comme une pression, une sorte d’épée de Damoclès qui va te pousser à sortir les jours ou tu n’as pas envie, mais qui parfois a quelques chose d’un peu stressant au quotidien. Quoi qu’il en soit, j’ai été très content d’avoir cet objectif, car il m’a nourri pendant les mois de préparation et a exalte mes sensations les jours de la compétition.

Nice Ironman 2017 - Dossard 966

Le dossard moisi, qui (evidemment) se transformera en 996 lors de la pause des sacs de transition

La course !!

J’arrive à Nice plutôt bien prépare et dans de bonnes conditions générales (repos, forme générale) – on a laissé Esteban à Grenoble ce qui nous permettra de profiter du weekend en amoureux. On en profitera d’ailleurs bien, avec des sympathiques restaurants locaux, des séances de concert gratuites et une belle découverte de la vieille ville de Nice. J’aurai aussi le plaisir de croiser Axel et Cédric pour des bonnes retrouvailles entre potes.

Nice restaurant bouillabaisse

Superbe bouillabaisse qui viendra completer le menu diet de la semaine d’avant course (pizza, mac do, lasagne…)

L’organisation de la course est super bien rode, c’est un plaisir, tout va vite et c’est beaucoup plus simple que ce l’on a quoi on s’attends après avoir lu le Athlètes Guide. Je retrouve Jamel et on se prépare ensemble pour le départ. Cool d’avoir un acolyte, ça fait un peu baisser la pression, mais je garde quand même quelques instant seul dans ma tête pour savourer ces minutes avant le départ… repenser a tout le chemin qui m’ont amené à être ici, savourer l’instant, le plaisir est déjà de prendre le départ, avant de passer la ligne…

Ironman Nice 2017 - Parc a velo

Beau parc a velo, mon BTWIN jure un peu…

On a droit à la combi (23,7 c’était limite !) et l’échauffement nous donne l’impression de voler sur l’eau (combi + eau sale ça marche bien), on visait le sas 1h20 mais on va plutôt se caler dans celui d’1h16.

Le Rolling-Start est juste génial, ça permet d’éviter les cafouillages et la pression du départ ! On avance doucement, pas à pas, on voit le long serpent se former dans l’eau, le plaisir monte, on y est, hop ! on se jette dans l’eau !

La nage

La tête passée sous l’eau, le bruit s’arrête, on passe dans l’immensité bleu, et c’est comme si on passait physiquement le cap du début de course.

La natation est magnifique, c’est juste beau ! Le soleil se lève dans la baie des anges, l’eau est calme, limpide, et pour couronner le tout, on ne se monte pas dessus ! C’est parfait. J’en profite pour trouver mon rythme, soigner mon mouvement de bras, et prendre du plaisir !

Ironman Nice 2017 - Natation

J’ai l’air determine mais en fait j’ai mal a mes crampes dans le mollet

Rapidement, je remonte du monde, j’ai l’impression d’être vite, peut-être que je force trop ? Je décide de me fier à mes envies, je suis prêt à en découdre, donc je garde le rythme, je suis bien. Après 3km, j’ai quelques débuts de crampes dans les orteils… Pas bon signe, mais malgré un bon entraiment j’en ai souvent eu, et de toute façon, je ne peux rien y faire. J’arrive à me détendre mais je sais que ça n’est pas anodin, j’essaye de ne pas me focaliser.

Ironman Nice 2017 - Natation

Comment avoir l’air cool avec une combinaison plastique et un bonnet rouge sur la tete ?

Je nage bien et lucide, je profite du paysage à chaque respiration, je pense à ma transition, et finalement, je sors de l’eau au bout d’1h06. De bonnes crampes aux 2 mollets en mettant les pieds à terre, et puis les muscles se détendent et je trottine jusqu’à la zone de transition…

Le vélo

Transition correcte et c’est parti pour le vélo !

Je sais que c’est là que je pèche et j’ai la pression. J’essaye de rouler cool mais je pense que je force un peu plus que la moyenne. Je m’en fou, j’ai envie d’aller au bout de moi-même, je roule bien. Les mecs ont des vélos de malades et avec mon B’Twin, j’envoie du lourd !

Ironman Nice 2017 - Velo

B’Twin for ever

Le parcours est vraiment super beau, les ravitos sont très bien organisés, et les quelques villages qu’on croise ont une grosse grosse ambiance façon tour de France !! Franchement c’est super. Le parcours se passe bien, je me fais remonter mais pas tant que ça, et après 2 ou 3h je suis dans mon rythme, je maintiens mon classement.

Lors de mises en danseuse, des crampes au quadri me rappellent à l’ordre…. J’essaye de ne pas trop y penser et j’en profite pour boire et boire encore plus – il fait 38 degrés… et ça chauffe beaucoup même si le vélo attenu nettement les sensations de chaleur.

Ironman Nice 2017 - Velo

La partie finale est descendante et je joue de mon expérience alpine pour reprendre quelques places aux non-initiés a la trajectoire moisie. Un anglais manque de se tuer devant moi avec une trajectoire qui se terminait dans le mur. Au final, énormément de plaisir sur ce parcours à vélo, qui passe relativement vite.

Je finirai en 6h36 ce qu’est vraiment pas mal par rapport à ce que j’envisageais et à la moyenne de la course.

Course à pied

Transition OK et c’est parti pour le marathon.

J’ai vraiment peur des crampes, et dès les premières foulées, je sens que ça travaille. J’essaye de me détendre et décide de les ignorer, ça marche et je continue… les 5 premiers km se font bien ! Ce seront les seuls… Je comprends rapidement que cette course a pied va être un long chemin de croix.

Les ravitos sont bien foutus, le public pousse bien, le mental est là, par contre, j’ai les jambes en feu et l’impression qu’on me plante des aiguilles dans les cuisses à chaque foulée… Je fais le premier tour en courant dans un temps correct, mais dès la deuxième boucle, je dois me résigner à marcher un peu.

Ironman Nice 2017 - Course a pied

Ça va être comme ça, en alternant marche et course, que je ne vais pas après pas boucler ces 42km. J’aurai voulu courir tout le long et ne rien lâcher, je m’y étais préparé et je savais que le marathon serait le plus difficile, mais c’est impossible. Mental d’acier mais pour le coup, des jambes de bois. J’ai trop mal et la douleur me contraint à marcher régulièrement. Bon, vu la vitesse à laquelle je cours, c’est un moindre mal !

Cela dit, j’arrive à cet état que j’étais venu chercher : la peur de ne pas y arriver, peur des crampes, avancer dans l’inconnu, et ça c’est cool ! Je cherche a me dépasser, vais chercher dans mes motivations pour me pousser à continuer, la présence de Celine me booste beaucoup. Je ne pense qu’aux chouchous qu’on nous donne après chaque tour boucle, un rouge, un bleu et enfin un jaune, synonyme de dernières boucle…

Ironman Nice 2017 - Course a pied

C’est un peu l’hécatombe autour de moi, pas mal d’abandon et de mecs en couverture de survie, pas mal de marcheurs, mais aussi pas mal de mecs qui courent et qui ne lâchent pas… c’est un gros niveau. Je suis une nouvelle fois surpris par le niveau général et le mental des gars, dans le trail, dès que y’a 1km de plat tout le monde marche !

Je « profite » bien de mon dernier tour, les encouragements sont super. J’arrive vers le sas et même si j’ai pu accélérer sur les dernières centaines de mètres, je lève le pied pour profiter de l’instant… Le sas est remplie de public avec gradins, ça tape des mains, ça applaudie, ça scande mon prénom. Je suis juste heureux et fier, l’emotion me gagne et je passe la ligne en un peu moins de 13h00 (12h56).

Ironman Nice 2017 - Arrivee

Voilà, c’est fait ! c’est enfin terminé.           

Je retrouve Axel a l’arrivée qui m’appelle très symboliquement alors que je voulais m’isoler pour vider un peu cette émotion, et je suis content qu’il soit là. Je crois avoir trouvé ce que j’étais venu chercher, tant dans la phase de préparation, que dans la compétition elle-même. J’ai couru pour moi et pas pour les autres, j’ai pensé à mes proches mais sans tomber dans le pathétique effort transcende.

Ironman Nice 2017 - Arrivee

Mes jambes ne m’ont pas lâchées, une fois de plus, c’est du solide.

On va pouvoir se reposer un peu maintenant, faire une pause, j’en ai besoin, j’en ai envie. Le triathlon est beaucoup plus dur que ce que je pensais. Globalement, les athlètes sont mieux préparés que dans le trails, et l’effort beaucoup plus intense, ça restera pour moi une expérience extrêmement enrichissante d’un point de vue sportif et humain.

Ironman Nice 2017 - Arrivee

  • Natation : 1h06″50
  • Velo : 6h36″16
  • Course : 4h58″23
  • 825eme / 2070 partants

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